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De nos jours, les glaciers des Alpes occupent quelques 2800 Km² dont seulement 350 Km² en France. Ces masses de glace, sans cesse en mouvement, ont façonné le paysage de la haute montagne comme celui des grandes vallées alpines qu'ils ont occupées lors des grandes glaciations, en laissant leurs empreintes caractéristiques. Malgré une étendue aujourd'hui plus réduite, les glaciers constituent néanmoins un important réservoir d'eau solide qui contribue à réguler le régime des torrents alpins. Par ailleurs l'imposante masse blanche confère un attrait indéniable aux paysage de la haute montagne.

La vie du Glacier.

Lorsqu'il pleut en plaine, il neige généralement au-dessus de 3500 m, même en été. Bien que la fonte dans nos régions ne cesse totalement qu'au-delà de 4000 m d'altitude, on trouve encore de la neige sur les glacier vers 3000 m : c'est la ligne de névé, limite inférieure des "neiges éternelles". Cet exédent de neige non fondu dans les parties hautes du glacier va s'accumuler et se transformer en glace au bout de quelques années, sous l'effet du poids des couches supérieures et la présence d'eau de fonte.
C'est pourquoi la glace de nos glaciers alpins, à part quelques rares exeptions, est dès sa naissance à zéro degré Celcius.
Toute cette glace fabriquée dans la partie haute du glacier, au-dessus de la ligne de névé, s'écoule sous l'effet de son propre poids comme un fluide très visqueux, à une vitesse variant de quelques mètres par an (m/an) à plusieurs centaines de m/an dans les zones à fortes pentes.
De même que les vitesses, les épaisseurs de glace varient beaucoup suivant la pente locale : c'est sur les zones plates qu'on trouve les épaisseurs les plus grandes (
fig. 1). Selon les caprices du climat qui règlent l'accumulation de neige dans la partie supérieure et la fonte de glace dans la partie inférieure, l'étendue des glaciers augmente ou diminue : on dit alors que les glaciers avancent ou reculent.

L'histoire des glaciers entre Petits et Grands Ages de Glace.

Un Grand Age de Glace.
Il y a 16 000 ans, au plus froid du dernier grand âge de glace (le Würm), la température moyenne du globe était inférieure d'environ 5°C.
à celle d'aujourd'hui : la ligne des "neiges éternelles" se situait alors vers 2000 m. On imagine facilement l'immense étendue de la zone d'accumulation de cette époque ainsi que les grands glaciers de vallée qui poussaient des langues terminales en larges glaciers de piémont jusqu'à Lyon, Grenoble et Sisteron.

1 Diagramme du Glacier Blanc

2 Grand glacier de vallée avec sa langue terminale

3 Table glaciaire

4 Séracs

5 Saxifrages

5 Renoncules des glaciers

On peut suivre les limites de cette occupation ancienne aux multiples traces d'érosion ou au contraire de dépôts laissés sur place : cheminées de fées, blocs erratiques.
Les glaciers actuels des Alpes ne sont pas à proprement parler des reliques de ces anciens grands glaciers. En effet depuis 10 000 ans environ, nous bénéficions des conditions plus clémentes d'un interglaciaire suffisamment tempéré pour que nos glaciers alpins aient presque totalement disparu à plusieur reprises avec, entre-temps, des périodes d'extension beaucoup plus modestes que celle d'un grand âge.

Un Petit Age de Glace.
Le dernier de ces petits âges, le seul qui soit historique, est intervenu entre les années 1600 et 1820. Pendant cette époque il y eu plusieurs maximum comme celui de 1820. Le léger changement climatique à l'origine de ce dernier petit âge de glace a été suffisamment long et marqué pour qu'on trouve cette signature moranique caractéristique, non seulement tout le long des Alpes, mais aussi dans la majorité des massifs montagneux du globe.

Tous différents

Selon la topographie des lieux et les conditions locales du climat, les glaciers présentent des formes particulières. On distingue tout d'abord le grand glacier de vallée avec sa langue terminale développée (
photo. 2).
Tandis qu'un petit glacier de cirque se tapit dans son ampithéâtre rocheux. Les glaciers de calotte sont représentés avec un écoulement rayonnant de langues émissaires. Par opposition aux glaciers de type blanc et immaculés, il y a les noirs avec une couverture morainique de 20 à 50 cm d'épaisseur qui les protège efficacement de la fonte hivernale. De gros rochers peuvent protéger localement la glace des rayons du soleil et donner naissance à des tables glaciaires (
figure. 3). En général les glaciers naissent blancs mais se terminent la plupart du temps très noirs.
Enfin il y a les glaciers rocheux qui se forment là où les parois produisent beaucoup d'éboulis et où il n'y a pas trop de neige. Les interstices entre les blocs rocheux se comportent comme des pièges à froid et se comblent de glace à partir de la neige et de l'eau de fusion.
L'écoulement de ce béton de blocs et de glace est très lent (20 cm à 1 m/an), mais ce sont de formidables aménageurs de la montagne car ils sont très nombreux, encore actifs ou fossiles. Ils passent généralement inaperçus mais dès qu'on a repéré leur front abrupt caractéristique et les chevrons ondulés qui mettent en évidence leur mouvement, on en retrouve partout ! C'est d'ailleurs ce qui arrive lors de travaux d'aménagement pour le ski, sur les versants nord, vers 2700 m d'altitude.

Les crevasses et les séracs

Malgré sa forte plasticité sous pression, la glace se comporte en surface comme un matériau fragile qui se crevasse lorsque les déformation deviennent trop importantes. Ainsi, le mouvement du glacier, freiné par le frottement sur les rives produit un réseau de crevasses marginales qui remontent vers l'amont à 45° du bord. Si le glacier amorce une pente plus prononcée, la glace se fissure transversalement et les crevasses se rejoignent d'un bord à l'autre du glacier en formant des arc réguliers. Dès que la pente devient trop forte, les crevasses se développent dans tous les sens et l'on obtient des séracs (
photo. 4). Il arrive que ces blocs de glace se détachent et chutent à n'importe quel moment du jour ou de l'année : il convient donc d'éviter les séjours dans les zones à risque. En glace vive, la profondeur des crevasses est limitée à une trentaine de mètres. Mais en zone d'accumulation, où le névé est moitié moins dense, elle peuvent atteindre une cinquantaine de mètres et sont souvent masquées par un fragile pont de neige qui, en pleine journée, ne résiste pas à la surcharge d'un alpiniste. De telles crevasses dangeureuses peuvent se renconter dès le bord du glacier, même en suivant la trace.

Les lacs d'origine glaciaire

Dans nos région tempérées, la glace, étant juste au point de fusion, glisse fortement sur le lit rocheux ou morainique. Ce glissement érode la roche, la polie, la strie à l'aide des blocs transportés, forme des roches moutonnées, des verrous en fonction du degré de dureté de la roche en place. Le glacier produit ainsi des surcreusements sur son lit qui donnent lieu après son retrait à la formation de nombreux lacs. Quelquefois, une moraine frontale renforce et surélève le barrage à l'aval du lac glaciaire : c'est le cas du lac d'Arsine (Ecrins) formé vers 1950 lors d'une phase de retrait très marquée des glaciers.

Quel est l'avenir de nos glaciers ?

Les mesures effectuées sur les glaciers montrent de fortes variations de volume et de surface depuis la fin du petit âge de glace. Toutefois, à plusieurs reprises, quand le climat leur est légèrement plus favorable, les glaciers s'étendent de nouveau. La dernière de ces avancées mineures s'est développée autour des année 1980. Tout le long des Alpes, nombreux furent les aménagements modernes menacés ou endommagés par cette ré-avancée : captage d'eau, piste de ski, station de téléphérique... Mais ces vingt dernières années ont constitué une suite d'alimentations défavorables et de fortes fontes estivales : aussi il faut s'attendre à ce que les diminutions de nos glaciers se poursuivent encore. Ces conditions alpines ne reflètent pas la tendance sur le globe : en Scandinavie, au Groenland, les glaciers connaissent actuellement une phase de légère expansion (mai 2003).

Et après le glacier ?

En aval du front ou sur les bords du glacier, les sols découverts par le retrait ont été énergiquement lessivés par les eaux de fonte et sont impropres à la vie.
Cependant, on y rencontre une végétation pionnière qui possède un atout particulier pour s'implanter dans ce milieu hostile. En effet, ces plants hébergent sur leurs racines des champignons qui fixent l'azote de l'air, engrais indispensable, tandis que la plante fournit à ses hôtes les sucs nécessaires à leur développement.
Cette symbiose profitable aux deux partenaires permet le reconquête des moraines pour constituer de véritables jardins de glaciers, avec les trèfles bai, les saxifrages, les renoncules des glaciers, linaires des alpes, les épilobes, etc... (
photo. 5) Une fois le sol végétal reconstitué, se développent d'autres plantes et arbustes jusqu'à l'établissement d'une nouvelle forêt (mélèzes).


Avec la collaboration de Louis Reynaud, laboratoire de glaciologie-CNRS - Université Gernoble <- Retour       - Haut -
   
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